– On doit rentrer, le week-end est terminé, dit la voix féminine de Khiera.
– T’es sûre ? ça ne fait que douze jours qu’on est là, il reste encore quatre jours avant de devoir aller en cours, semblait se plaindre une autre voix
– Khiera, Uriel, Drael, bougez-vous ou je vous envoie comme ça en cours.
– Pourquoi on ne reste pas ici en permanence ? demanda Khiera, blasée.
– Parce que nous sommes humains, et que ce monde n’est pas fait pour nous, trancha Jupiter, agacé, d’un ton qui ne laissait pas la place à une autre réponse. Il adressa un geste de la tête pour saluer Juventas qui restait dans ce monde puis disparu avec les autres.
Un instant après, tous habillés de vêtements plus conventionnels, ils se retrouvèrent dans une ville où étaient construits immeubles, centres commerciaux et maisons éparpillés.
– Maintenant chacun chez soi, dit Jupiter, Bonne soirée à tous.
– Ouai c’est ça, bonne soirée. Répondit Khiera. Uriel, j’ai pas envie de marcher, demande à ta mère de venir nous chercher.
– T’es capable de t’entraîner pendant des heures, et incapable de marcher ? demanda Uriel à sa sœur.
– J’pourrais mais là y en a pour dix minutes, et on ne peut pas courir ou se téléporter.
– Y a mon train, bonne soirée vous deux, dit Drael qui courut pour prendre le train qui passait.
Le frère et la sœur restaient seuls, puis se décidèrent à rentrer chez eux, à pied. Comme à l’accoutumé, lorsqu’ils n’étaient que tous les deux, leurs discussions se fondaient parfaitement avec celles des autres humains.
Le lendemain matin, Uriel, Drael et Jupiter allèrent au lycée de leur ville, où ils suivaient des cours dans la même classe. Khiera, quant à elle, était en dernière année de collège. Elle ne rejoindra son frère et ses amis que dans une année au plus tôt. Shika était lui aussi dans leur classe, il était grand, fin, avec des muscles dessinés, ni trop épais ni trop fin. Ses yeux noirs allaient parfaitement avec ses cheveux bruns qu’il coiffait en épis avec grand soin. Il était le garçon que toutes les filles voulaient, et l’un de ceux qui avaient le plus la cote auprès d’elles.
– Je vois que tu t’en sors encore sans problème, lui dit Jupiter. Je devrais t’emmener avec moi parfois, tu dois t’ennuyer à force.
– On est un peu déçu avec Calya et Romy. On pensait qu’on devrait au moins se battre contre quelqu’un de la puissance d’une Aura Noire.
– Je n’y peux rien si le plus puissant de Balak n’est pas aussi fort que tu le voudrais.
– Donne-nous une vraie mission, celle-là Khiera et Juve auraient pu la faire.
– Plus tard, pas ici. On a quoi là ? demanda Jupiter.
– Maths, répondit Uriel. Encore une heure de sommeil pour ma part.
Les quatre comparses riaient en se dirigeant vers la salle de cours. Pendant la matinée, les cours se sont enchaînés comme à leur habitude. A l’heure du déjeuner, Calya les rejoignit à leur table. Il s’agissait d’une jeune femme brune, de taille moyenne. Elle était très jolie et plaisait à beaucoup de jeunes hommes de son monde, sans laisser indifférents ceux de l’autre monde. Elle était fine et semblait fragile, pourtant il n’en était rien. Elle arborait des vêtements de ville, un jean et un petit haut décolleté qui étaient de saison.
– Bonjour vous tous. J’ai une bonne nouvelle. Dame Alanya m’a demandée de te la transmettre au plus vite Jupi.
– Je t’en prie, lui répondit l’intéressé.
– Morgane est complètement rétablie, et elle a récupérée le bâton d’Atiesh du Temple Qiraji de Silithus. Ses pouvoirs sont tellement puissant qu’elle peut lancer un sort élémentaire sans incantation au maximum de sa puissance.
Les yeux bruns de Jupiter fixèrent ceux de Calya, qui se sentit mal à l’aise. Son regard suffit à l’intimider et elle se sentit obligé de continuer.
– Dame Alanya lui a parlé de ce bâton et de sa localisation, ton ancien maître s’est mise en tête de le récupérer, continua Calya. Elle a réussi cet exploit rapidement, je dois l’avouer.
– C’est arrivé il y a combien de temps ? demanda Jupiter, d’un ton froid, sans prêter attention à ce que finissait de dire Calya.
– Je suis parti une ou deux heures après le retour de Morgane, et ça fait maintenant seize heures que je suis dans notre monde.
– Ce qui fait un peu plus de cinq jours là-bas, on y va. Maintenant ! hurla-t-il à l’attention de Drael qui voulait visiblement finir de manger.
Ils sortirent du réfectoire, allèrent vers un endroit désert, s’accrochèrent à l’avant-bras de Jupiter, puis disparurent. Ils réapparurent devant Daline, qui subissait l’assaut d’insectes géants. Ils venaient de pénétrer la ville, ravageant toute la partie sud de la ville.
Les insectes enfonçaient leurs dards dans le corps d’hommes qui souffraient terriblement. Un garçon de dix ans venait d’en voir un empaler son père. Il essaya de le libérer, mais une sorte d’araignée à quatre pattes lui sauta dessus, lui plantant une patte dans la jambe et lui coupant un bras avec ses fortes pinces. L’enfant criait, agonisait à côté de son père, qui venait de mourir. Il n’allait pas tarder à le rejoindre quand le tueur de son père se retourna vers lui. Les deux insectes commencèrent à le dévorer vivant. Les boyaux à l’air, il souffrait, puis peu à peu, se vidant de son sang, il perdait connaissance, sans espoir de se réveiller un jour. Jupiter et les autres entendirent des coups de feu, des sorts être lancés contre ces tueurs sans pitié. La partie sud de la ville était en feu, les rues étaient couvertes de sang, la partie ouest n’était pas encore tombée, et la partie nord était moins exposée grâce à la chaîne de montagne.
– Qu’est-ce qu’il se passe ? demanda Calya affolée.
– La vengeance d’un dieu. Son bien le plus précieux lui a été retiré, il envoie son armée pour le récupérer, répondit Jupiter d’un ton amer. Il observait le spectacle sanglant visiblement à la recherche d’une personne.
– Mais c’est quoi ces bestioles ? dit Drael, paniqué à la vue de ces monstres anthropophages et carnassiers.
– Des Silithides. Les moins évolués des Qirajis. Il s’agit généralement de chair à canon en attendant d’envoyer le gros des troupes. Il faut rendre Atiesh aux Qirajis et au plus vite. Occupez-vous des habitants, sauvez en le plus grand nombre possible.
Jupiter disparu après avoir fini sa phrase, après avoir localisé celle qu’il cherchait, et apparu derrière Morgane et Alanya, qui organisaient la résistance contre l’attaque de la cité. Plusieurs militaires hauts gradés étaient présents et donnaient leur accord à chaque demande de la Grande Prêtresse.
– Envoie Sy, Asterya et Melenia à la porte sud, dit Alanya à une femme derrière elle.
Ces trois jeunes femmes étaient des Auras Blanches du niveau de Calya. Elles n’avaient aucun lien de parenté, mais elles se ressemblaient tellement qu’il arrivait à Jupiter de les confondre lorsqu’il les apercevait. Elles sont grandes et sveltes, à la chevelure dorée comme le sont toutes les Auras Blanches issues de ce monde. Mais leurs yeux verts, caractéristiques rares, étaient troublants, car ils leur donnaient un air fraternel. Elles étaient sous les ordres d’Alanya, la régente de Daline.
– Seulement trois Auras Blanches ? s’interrogea Morgane.
– Trois Auras Blanches devraient suffire. De plus, en monopoliser trois sur sept nous pénalise déjà assez.
– Je m’occupe de la porte Ouest, dit Morgane. Je devrais pouvoir créer un bouclier assez puissant pour les empêcher de passer.
– Que penses-tu de leur rendre ce qu’ils sont venu récupérer ?
Jupiter, qui n’avait pas été remarqué depuis le début, surpris tout le monde. La dureté dans le ton de sa voix venait de choquer son ancien maître.
– Atiesh est la propriété de leur maître. Les Silithides, contre qui vous avez déjà du mal, ne sont que la première vague pour permettre l’arrivée des Abyssans, qui sont d’immenses colosses à la force destructrice. Qu’est-ce qui t’as pris d’aller le chercher. Et toi pourquoi lui en as-tu parler ? Si les Elites Noires arrivent après les Qirajis, la cité, les sept Auras Blanches et les cinq Elites Blanches ne feront plus parties de ce monde ce soir.
– Leur maître ? Je n’en ai jamais entendu parler, s’étonna Alanya.
– Tu le connais, même si ce n’est pas en rapport avec les Silithides. Il s’agit de C’Thun. Le visage de la Grande Prêtresse se figea d’horreur.
– Morgane, va rendre Atiesh aux Qirajis. La vie de centaines de milliers d’innocents est menacée par une force qui nous dépasse.
– Si c’est le bâton qu’ils veulent, ils n’auront qu’à me suivre pour l’avoir, dit Morgane. Elle bondit sur la fenêtre, le bâton en main. Elle l’agita pour se faire remarquer, ce qui fonctionna rapidement. Elle se retourna, fit un sourire et un clin d’œil, avant de bondir de toit en toit vers la porte sud. Les dizaines de milliers d’insectes la suivirent, libérant Daline.
Une course de plusieurs minutes s’ensuivit, durant laquelle Morgane fût la proie d’une multitude de prédateurs qui ne cessaient de la rattraper. Malgré toute sa bonne volonté, elle n’était pas aussi endurante et entrainée que la plupart des mages de cette époque. Aucun sort ne pouvait lui permettre d’avancer plus vite, hormis Célérité qu’elle s’était déjà appliqué.
Jupiter fit un petit signe à Alanya, puis disparu encore une fois. Il se trouvait maintenant devant Morgane, la forçant à s’arrêter.
– Rends leur Atiesh! Insista Jupiter. Bien qu’il fixait son ancien maître, il se concentrait sur les Silithides qui se rapprochaient dangereusement.
– Pourquoi ? Daline est sauvée maintenant.
– Que crois-tu qu’il se passera quand tu les auras semés ? Ils reviendront et tueront tous les hommes qu’ils croiseront. Daline, Miist, Gharve, Humberland… Tout sera attaqué par ces insectes. Tu viens de leur déclarer la guerre. Rends-leur le bâton. Il avait un adopté un ton sévère qu’elle ne lui connaissait pas, et cela la dérouta quelques instants.
Les Silithides venaient d’arriver à leur niveau. Ils s’arrêtèrent net devant eux, comme s’ils attendaient le bâton. Ils étaient maintenant encerclés de ces énormes insectes, sans autre choix que de leur rendre leur bien.
– Ne m’oblige pas à te le prendre par la force, hurla Jupiter à l’attention de son ancien maître.
– Tu n’oserais pas lever la main sur moi, lui répondit-elle.
– Entre ta vie et celle de centaines de milliers de personnes, je préfère te combattre plutôt que voir la cité périr.
– Dans ce cas, viens le chercher.
Alors qu’ils allaient se faire face, les Silithides, impatients, sautèrent sur eux. Morgane se fit mordre par une créature qui se trouvait derrière elle après avoir été repoussée par une impulsion d’air de Jupiter. Elle tomba sur le sol, le poison dans les crocs de l’animal l’ayant fait perdre connaissance, pendant que deux autres se ruèrent dessus pour la dévorer. Jupiter concentra un peu d’énergie qu’il lança sur eux. Les trois Silithides se figèrent, pétrifiés, avant de se casser en plusieurs morceaux. Il récupéra Atiesh dans une main, attrapa Morgane de l’autre et bondit un peu plus loin pour y déposer la femme inconsciente. Il revint vers les Silithides, doucement, déposa Atiesh au pied de celui qui semblait commander aux autres.
– Elle n’était pas au courant de ce qu’elle faisait. Je m’excuse de ce qu’il s’est passé. Je vous rends le bâton en échange de sa vie.
Le Silithide ne répondait pas mais comprenait visiblement ce que faisait Jupiter. Il se saisit du bâton, lança un cri incompréhensible, et s’en alla, suivit des autres. Il retourna Morgane sur le dos, sa main, imprégnée de magie blanche la fit reprendre ses esprits. Il la releva et lui laissa quelques minutes pour se remettre. Une fois qu’elle fût rétablie, il engagea la conversation.
– Maintenant que nous sommes seuls, avant de retourner en ville, j’ai besoin de savoir certaines choses, dit Jupiter. Où étais-tu pendant ces vingt-cinq ans ?
– Je me suis exilée, rougit-elle en détournant le regard. Je ne me suis pas pardonnée de t’avoir abandonné pour suivre Phenyxia. J’aurais dû rester avec toi, et te protéger. Tu n’étais pas prêt à affronter un tel monstre. Tu n’aurais …
– Calme-toi, tout s’est bien passé après. Je ne t’en veux pas. Phenyxia était plus importante que moi, sa mort contre la mienne était largement à notre avantage, lui dit doucement Jupiter.
– Comment t’en es-tu sorti ? C’était une Aura Noire, la deuxième plus puissante, juste après Selenya. Tu n’étais pas de taille, tu aurais dû mourir. Je suis tellement désolée, ajouta Morgane, des larmes apparaissant dans ses yeux.
– Ce n’est rien, c’est fini maintenant. On va rentrer à la ville, tu dois réparer tes dégâts.
– On peut y aller en marchant ? Il y a beaucoup de choses que je voudrais savoir.
– Si tu le souhaite, ça ne me pose pas de problème. Tu parlais de Selenya il y a quelques instants, elle est devenue Elite Noire. Elle et son maître se sont fait prendre en embuscade. Son maître a péri mais elle s’en est sorti et occupe désormais sa place …
Pendant une heure, ils marchèrent en direction de la ville, se redécouvrant. Il n’y avait plus de statut maître-élève, juste deux mages alliés. Bien qu’ils auraient pu traverser toute la distance en un éclair, ils préférèrent rentrer lentement, prenant le temps de se retrouver.
Ils arrivèrent à la ville qui était presque dans l’état d’avant la bataille. Ils étaient attendus par Alanya, Calya, Uriel et Drael.
– Nous avons vu les Silithides repartir vers le sud, sourit Alanya.
– Vous leur avez rendu ce qu’ils voulaient ? demanda Calya
– Oui, ils ont récupéré le bâton. Morgane va vous aider à reconstruire la ville. Nous on doit retourner dans notre monde, on va être en retard en cours. Aller, on part maintenant.
– Au revoir Dame Alanya, dit Drael.
– Portez-vous bien, ajouta Uriel.
Cette fois, ils partirent chacun leur tour. Jupiter était le dernier encore présent. Il se retrouva seul face à la Grande Prêtresse, Morgane se portant d’ores et déjà volontaire pour apporter son aide à des habitants dans la difficulté.
– Qu’est-ce qui t’as pris de lui parler d’Atiesh ? Il lança un regard noir à la Grande Prêtresse de Daline. Elle garda le silence, ne sachant pas quoi répondre. Les quelques secondes de silence glacial étaient très pesantes pour elle.
– Je pensais qu’elle connaissait déjà son emplacement lorsque la conversation a commencée. Elle semblait calmée et ne parlait pas de vengeance, j’ai tout simplement mentionné le fait qu’elle aurait facilement vaincu son adversaire avec Atiesh. Le lendemain elle revenait me voir avec le bâton entre les mains, jamais nous n’aurions pensées que de tels monstres viendraient le chercher.
– L’ancienne Aura Pure m’a expliqué quelques choses à propos d’eux. Atiesh a été créée à partir de la volonté de C’Thun, enfermant une partie de sa magie à l’intérieur. Il l’a fait lors de la guerre des Dieux Anciens pour se protéger, et ça lui a sauvé la vie. Alors qu’il venait d’être vaincu, son adversaire a absorbé toute sa magie en le laissant comme mort devant la cité Qiraji. Un de ses commandants, Skeram, lui apporta Atiesh et le plaça dans la carcasse de son maître. La magie provenant de cet artefact lui a permis de survivre et de se soigner. Depuis, il arbore Atiesh aux portes du temple, gardées par Skeram et ses Anisaths, de grand guerriers de pierres. Quiconque s’en empare sera traqué jusqu’à ce qu’ils récupèrent leurs bien. La vengeance l’aveugle au point de mettre la capitale de la magie en danger. Ne la laisse plus seule, finit-il sèchement.
Jupiter disparu de Daline. Ils se trouvaient maintenant à côté de leur lycée.
– Bien, il nous reste un quart d’heure avant de reprendre le cours. On n’a rien loupé, dis Drael.
– Malheureusement, se plaignit Uriel.
– Eh les garçons, vous séchez avec nous ?
Deux filles de leur classe, Alyson, une brune aux cheveux tombant sur les épaules, le visage fin aux yeux bruns, et Alexia, une grande rousse avec les cheveux descendant jusqu’aux omoplates, le visage aussi fin que celui de son amie mais plus long et parsemé de tâches de rousseurs, à la poitrine généreuse, qui avait autant de succès que Shika, mais auprès des garçons cette fois.
– Aucune envie d’aller en cours de ce temps-là, dit Alyson. Vu le soleil, on pensait se baigner à la piscine.
– D’un coup, une envie de sécher me prend, dit Drael, amusé.
– Moi aussi, ajouta Shika, un sourire en coin, le regard en direction d’Alexia.
– Amusez-vous bien, dit Uriel qui n’en avait rien à faire. Tu y vas Jupi ?
Après ce qu’il venait de se passer, Jupiter n’avait pas envie de rire. Il était toujours énervé, et ne prit pas la peine de répondre oralement à Alyson. Il refusa l’invitation d’un geste nonchalant de la tête.
– Vous êtes nuls tous les deux, leur dit Alexia. Tant pis, vous n’aurez pas la chance de nous voir en maillot de bain.
– On s’en veut de rater ça, crois-moi, se moqua Uriel.
– Très bien, restez-là, nous on va s’amuser, répondit Alexia, vexée de ne pas réussir à intéresser les deux jeunes hommes.
– Notez bien le cours, on va devoir rattraper, dit Shika qui se dirigeait déjà vers la sortie.
Les quatre partirent donc hors du lycée, laissant Uriel et Jupiter seuls. L’air grave, il reprit après avoir vérifié que personne ne pouvait les entendre.
– Ce soir, viens au Sanctuaire avec Khiera. Alanya souhaiterai la spécialiser en magie blanche, Daline manque de soigneurs. Je pense qu’elle sera parfaite dans ce rôle.
– Et Juve ? Elle pourrait aussi nous être utile non ?
– Je vais la faire travailler l’invocation. Avec Morgane comme maître, elle deviendra un atout puissant. Elle est très forte en matérialisation et je pense que d’ici peu elle pourra invoquer Ixit, le maître du feu. Jupiter s’arrêta de marcher et eut le souffle accéléré durant quelques instants.
– Il y a un problème ? s’enquit Uriel, soucieux d’un aussi brusque arrêt.
– Ma marque s’est activée. Sephiroth a demandé aux Auras Noires de se réunir. Il prit une grande inspiration pour se remettre de la sensation qui venait de le parcourir, avant de reprendre plus calmement. C’est mauvais signe. Je dois aller prévenir Alanya au plus vite.
– Ta marque … Des fois j’oublie que tu es une Aura Noire toi aussi. Ils ne vont tout de même pas lancer un assaut contre l’Empire ?
Uriel semblait commencer à paniquer, réalisant tout à coup le sens des mots qu’il venait d’entendre, comprenant que la menace contre laquelle Jupiter se prépare devenait réelle. Ce dernier, voyant que la nouvelle avait affecté son ami, ne jugea pas utile de lui révéler ce qu’il avait en tête. Jusqu’à ce qu’Uriel tente de se rassurer en prononçant la phrase qui suivit.
– Ils ne peuvent pas se permettre de faire ça, les mages de l’empire qui leur feront faces sont nombreux et puissants. Les Auras Blanches, Les Elites Blanches, les mages célestes, la garde de l’impératrice et maintenant Morgane.
– N’en sois pas si sûr, tu n’es pas au courant de tout ce qui concerne les Légions Noires. Les Elites Blanches sont très en dessous du Niveau des Elites Noires. Alanya doit avoir la puissance de Selenya, la plus faible Elite Noire, ce qui veut dire qu’elles pourraient mettre à mal l’Empire à elles seules. N’oublie pas non plus que les Auras Noires sont au service de Sephiroth.
– Nous n’avons aucune chance si je comprends bien, se résigna Uriel.
– Ce n’est effectivement pas bien engagé, mais ce n’est pas une raison pour ne pas se défendre, répondit Jupiter en tentant de rassurer son ami. Malgré l’avantage indéniable qu’ils possèdent, une attaque de front sans aucune préparation serait une défaite lourde et cuisante pour eux, de même que si nous arrivons à mettre au point de bonnes défenses. C’est pour cette raison qu’il ne faut rien lâcher.
– Et si nous n’allions plus dans ce monde, ne serait-ce pas moins dangereux pour nous ? après tout, ce combat ne nous regarde pas, ce n’est pas là-bas que nous vivons…
– Je comprends que tu aies peur, tu n’as encore jamais participé à une guerre, mais ne t’en fais pas, ça se passera bien. « Tout du moins, je l’espère » pensa très fortement Jupiter. Et puis, ne pense pas une seule seconde que fuir l’autre monde nous sauverait. Après s’être défait de tous ses adversaires, il ne se contentera pas que d’un seul monde quand il peut en avoir un deuxième sans aucune difficulté. Ecoute, je ne peux pas rester ici pour le moment, je dois aller prévenir Alanya, on en reparlera plus tard.
Alors que la cloche sonnait, les deux amis se séparèrent, Uriel se dirigea vers la salle de cours, puis rentra dedans alors que Jupiter se rendit dans un endroit isolé pour disparaître et rejoindre l’autre monde.