Jupiter se trouvait dans une forêt épaisse, les rayons de soleils passaient difficilement les épais manteaux de feuilles que possédaient les arbres, haut de plus d’une trentaine de mètres. Il marchait tranquillement, à une allure soutenue et rapide, en direction du nord de sa position. Pendant plus d’une vingtaine de minute, il s’enfonça dans la forêt qui devenait de plus en plus sombre. Le soleil commençait à se coucher et le peu de rayon qui passaient les feuillages suffisait à peine pour voir le chemin. Au fur et à mesure, il se rapprochait de la montagne rocailleuse et très inhospitalière. Cependant, on voyait au loin une large grotte, éclairée de l’intérieur. Une lumière vive s’en échappa, n’essayant aucunement d’être discrète, comme si elle n’intéressait personne.
Jupiter suivait la direction de la lumière, le guidant vers sa destination. Il pénétra à l’intérieur de cette grotte, marcha le long des larges couloirs qui semblèrent interminables, puis enfin, une porte se dressa devant lui. Il s’arrêta net devant et frappa trois fois fortement, à coups rythmés et audibles. La porte s’ouvrit, lui laissant le droit de rentrer dans la pièce. Elle était spacieuse, éclairée et aménagée. Des meubles se trouvaient dans cette pièce, à l’intérieur d’une grotte. La lumière, qui semblait sortir des fissures le long des couloirs, sortait maintenant du plafond, qui culminait à environs trois mètres. Une jeune femme était assise sur un canapé qui avait l’air très confortable.
– Salut Jupiter, dit-elle avec un large sourire qui lui montait jusqu’aux oreilles. Je suis contente de te voir, j’avais l’impression que tu ne voulais plus me parler.
– Tu n’as pas rompu le pacte, il n’y a aucune raison de penser cela, répondit-il en lui rendant son sourire. Je viens te voir pour un objet de ta collection. Il était brusque mais estima qu’il avait perdu assez de temps à se décider à venir lui demander de l’aide.
– Je pensais que tu venais pour moi, je suis déçu. Elle laissa échapper un petit rire qui montrait qu’elle aimait bien se moquer de son ancien maître. De quel objet as-tu besoin ?
Jupiter la regarda et hésita à lui répondre. Il ne voulait pas lui dire aussi rapidement ce qu’il venait chercher, craignant un refus de sa part.
– Une arme particulière qui me permettrait de pactiser avec une chimère qui n’a pas de priant. Jupiter commença à lui expliquer ce qu’il comptait faire et décida d’être honnête avec elle. De toute façon, se dit-il, elle n’est pas invocatrice, elle ne pourrait pas le faire à sa place. Il lui raconta donc tout ce qu’il avait appris de Mirana et ce qu’ils en avaient déduit avec Morgane et Yuna. Son récit dura plus d’une heure et demi, qui semblait être passée si vite, qu’aucun des deux ne s’était aperçu que le soleil était complètement couché.
– Je vais voir ce que je peux faire pour toi, mais je ne pense pas avoir d’arme qui te permette une telle chose sans que je le sache.
– Il me faudrait Kusanagi.
Elle se stoppa net, et le regarda étonnée. Son sourire venait de disparaître et elle faisait lentement les cent pas sans lâcher Jupiter du regard. Silencieusement, elle réfléchissait à ce qu’elle allait répondre.
– Kusanagi reste mon arme la plus précieuse. En as-tu bien conscience ?
Jupiter hocha la tête lentement. Il savait que ce n’était pas gagné, mais à voir son visage, la réponse aurait forcément été négative.
– De toutes les armes que je possède, c’est la seule dont je ne peux pas apprendre la capacité spéciale. Pourquoi prendrais-je le risque de la perdre ?
– Pourquoi la perdrais-tu ?
– S’il t’arrive quoi que ce soit, je ne la reverrais pas.
– C’est justement pour qu’il ne m’arrive rien que je te demande Kusanagi. Si jamais j’arrive à devenir le maître de la chimère, nous aurons un allié extrêmement puissant.
– Cette chimère n’est pas indispensable à votre victoire. Malgré ce que tu en dis elle ne semble pas avoir la puissance d’une Elite Blanche.
– J’ai justement besoin de la voir en combat autrement que dans le Kekkai Genkai.
– Tu y as survécu en y allant, tu ne sous-estimes pas les Auras Noires en pensant que ça les affecteras ? Je ne pense vraiment pas qu’il soit nécessaire de faire tout ceci.
– L’armée des Auras Noires comptes des milliers d’hommes, de monstres et d’élémentaire magiques. Je pense pouvoir faire de gros dégâts à ses troupes grâce à cette chimère. Daline et ses comtés ne possèderont jamais assez d’hommes pour rivaliser. Ils ne vont pas tarder à lancer la première offensive et toute aide est la bienvenue. Voilà pourquoi cette chimère est indispensable.
– Comment peux-tu savoir qu’ils vont bientôt attaquer ?
– Morgane Shine a été attaquée, et bien que nous ne connaissons pas précisément qui en est l’auteur, il est fort probable qu’il y ait un rapport avec les légions noires. Yuna n’est plus présente pour protéger Daline, et la plus grande ville de notre alliance vient d’être mise à sang par des monstres venus du sud. De leur côté, Ils ont cinq Elites Noires extrêmement puissantes qui surclassent Alanya, dont un maître jamais défait que même les autres Elites Noires n’osent pas défier. Et surtout, leur influence s’étant déjà sur la moitié de l’Empire. Je sais très bien ce que représente cette arme pour toi, mais nous n’avons pas d’autre choix, il me la faut.
L’assassin rouge réfléchissait silencieusement. Elle était agacée de voir son ancien maître insister autant, mais elle était capable d’avoir le recul nécessaire pour comprendre les raisons qui le poussent à agir ainsi. Elle regardait par intermittence Jupiter avant de repartir dans ses pensées.
Les quelques minutes de silence furent pesante, mais elle finit par accéder à sa requête mais lui imposa la contrepartie de force.
– Très bien, j’accepte. Mais à une condition, je viens avec toi. Je veux voir le combat.
– Je n’ai pas le choix je suppose. Nous irons au Sanctuaire quand tu seras prête, conclu-t-il, à contrecœur.