Trois mages se déplaçaient, tant bien que mal, dans un blizzard épouvantable du nord de l’empire. Tout le paysage visible était recouvert de neige, il n’y avait que du blanc jusqu’à perte de vue. Les traces dans la neige étaient immédiatement recouvertes, il leur était impossible de faire demi-tour. Malgré le froid hivernal qui régnait dans cette région, les mages ne semblaient pas y être sensibles. Sephiroth avait son long manteau noir, éclaircit par la neige qui lui tombait dessus, mais la jeune femme qui le suivait, avait les bras à l’air. Un simple vêtement rouge de tissu fin recouvrait son torse et une jupe en tissu de la même couleur s’arrêtait à ses genoux. Le troisième mage, un homme mûr, habillé d’une armure en acier noir auquel il manquait le heaume, était enroulé dans sa cape sombre.
Ils avancèrent ainsi pendant quelques heures, sans se dire un mot, jusqu’à arriver au pied d’une immense forteresse. Les remparts de la citadelle étaient plus hauts que ne le sont les montagnes protégeant le côté nord de Daline, et les murs bien plus épais et résistant que ceux de la capitale. Les portes du bâtiment étaient terriblement lourde, même pour Sephiroth, qui dû user de magie pour les faire s’ouvrir. De l’énergie noire s’était placée dans la paume de sa main droite et lorsqu’il la posa contre le bois gelé, il put la déplacer sans forcer.
Ils pénétrèrent à l’intérieur, s’abritant de la tempête glaciale, quand l’homme en armure engagea la conversation.
– Où sommes-nous, Sephiroth ?
– Ce lieu s’appelle la Citadelle immortelle. L’homme ayant posé la question n’eut aucune réaction, mais ce ne fût pas le cas de la femme qui les accompagnait. Un frisson la parcouru et elle ne parût pas à l’aise. De toute évidence, elle connaissait ce lieu.
– Beaucoup de rumeurs circulent sur cet endroit, commença-t-elle. Des monstres vivraient ici, sauvages et puissants. Seules quelques personnes en seraient revenues.
– De simples ragots, Selenya. Je ne te savais pas aussi impressionnable, lui répondit le guerrier.
– Tu te trompes, Anathès. Selenya a raison, peu de gens ont pu revenir d’ici, rétorqua Sephiroth. Je me demande combien exactement ont survécu.
Selenya était toujours tendu malgré le fait que Sephiroth lui donne raison. Il avait beau dire ces mots sur un ton calme et posé, il n’était pas rassurant pour autant. Le dénommé Anathès questionna le dirigeant des légions noires pour en savoir plus.
– Cette forteresse est celle de Sandro, une Elite Noire, comme vous. Il vit dans ce lieu isolé depuis plusieurs décennies, sans jamais en sortir. Le seul moyen de l’atteindre est de passer outre tous ses pièges. Il ne veut pas perdre de temps avec les gens trop faibles à son goût, c’est pour ça qu’il leur fait passer un bon nombre d’épreuves. Nous allons être mis à rude épreuve d’ici peu, soyez sur vos gardes.
– Sur nos gardes ? Quels genres d’épreuves allons-nous subir à ton avis ?
– Les monstres dont parlent les rumeurs, il s’agit de créations dont il est l’auteur. Nous allons affronter des monstres qui n’auront aucun point commun avec ce dont nous avons l’habitude de nous battre.
– Nous ne sommes pas n’importe qui non plus, s’enorgueillit Anathès. Nous sommes nous aussi des Elites Noires. Des monstres, même inhabituels, ne seront pas un danger pour nous.
– Ne te laisse pas emporté dans un élan de confiance, Anathès, répondit Sephiroth. La magie de Sandro est à l’origine de ces créatures, ne t’attends pas à ce que ça soit simple. Certaines sont peut-être plus puissantes que Sandro lui-même.
Ils commencèrent à se déplacer le long d’un couloir interminable, qui déboucha sur une salle ovale et spacieuse. Deux escaliers de glace se rejoignaient à leurs extrémités hautes, permettant l’accès à un étage qui semblait être le chemin à emprunter pour rejoindre Sandro. Lorsqu’ils pénétrèrent au milieu de la pièce, une barrière magique opaque leur bloqua la sortie et un corps humanoïde franchit la porte, les empêchant de continuer leur route. Il était vêtu d’un long manteau à capuche derrière lequel il se cachait. Son visage masqué, ses mains gantées, aucune partie de son corps n’était visible. Ils étaient pris au piège, ne pouvant faire demi-tour et faisant face à leur premier adversaire. Anathès brandit son arme, une lame rouge sang à la hampe du noir de son armure. Sephiroth, voyant que l’humanoïde n’était pas là pour se battre, interrompit son allié qui s’apprêtait à attaquer.
– Je suis Esthalen. Je serais votre premier adversaire, vous devrez me vaincre pour accéder à la suite. D’un geste de la main, une barrière identique à la première apparût derrière lui. Les combats se font jusqu’à ce qu’une des deux parties soit morte. Vous pouvez vous mettre à trois contre moi si vous le souhaitez. Je tiens juste à vous prévenir que je serais votre seul adversaire doué de parole et de compréhension. Mes homologues n’auront que faire d’établir des règles. Enfin, pour cela, il vous faudra déjà me vaincre.
Sans laisser la possibilité aux Elites Noires de répondre, il utilisa un sort de projection qui les envoya tous les trois dans le mur, à l’opposé de la pièce. Ils se relevèrent tous instantanément, ce qui sauva Anathès d’un éclair de givre qui lui était destiné. Selenya remarqua que les deux sorts utilisés par leur adversaire étaient des sorts de glace. Elle laissa le soin à Anathès de servir de cible pour mieux analyser la magie d’Esthalen. Ce dernier leva deux doigts vers le plafond. La glace aux pieds d’Anathès s’était instantanément soulevé pour le bloquer, l’incapacitant fortement. Il ne pouvait pas éviter l’éclair de givre qu’invoquait à présent le mage, ne leur laissant aucun répit. Selenya lança un brasier ardent qui fit fondre instantanément le sort lancé contre son allié.
– Laissez-le-moi, s’écria-t-elle. Un mage de glace, cela faisait longtemps que je n’en avais pas affronté.
Sephiroth et Anathès se fixèrent un instant avant de sauter en arrière, laissant la magicienne de feu face au mage de glace. Le poing enflammée, elle se rua vers lui tentant de lui asséner un coup puissant, qu’il esquiva en se décalant sur le côté. Emportée par son élan, elle alla frapper le mur glacé dont les gelures et la pierre fondirent à l’épicentre du coup. Son adversaire, voyant qu’elle ne pouvait pas se mouvoir à sa guise, profita de cette chance pour faire apparaître un harpon de givre et atteindre la magicienne. Voyant leur alliée en mauvaise posture, Sephiroth et Anathès ne bougèrent pas et observèrent silencieusement le combat. Ils savaient qu’ils ne devaient pas intervenir, Selenya ne leur pardonnerait pas. Le harpon sembla littéralement transpercer le corps de cette dernière de part en part, s’enfonçant dans l’aine de la magicienne. Cette dernière se mit à sourire, ce qui perturba Esthalen qui venait de littéralement la planter avec son arme. Il finit par comprendre au bout de quelques instants que quelque chose n’allait pas, le harpon ne sortait pas du corps de sa victime. Son bras, emporté par son élan à son tour, se rapprochait dangereusement de la jeune femme, et malheureusement pour lui, il ne pouvait plus s’arrêter.
Son arme disparût complètement dans le corps de la magicienne et son gant frôla le bas-ventre de cette dernière. Esthalen comprit immédiatement pourquoi elle souriait et ne put rien faire que s’éloigner d’elle, son gant en feu. Il canalisa sa magie pour tenter d’éteindre les flammes noires, mais rien ne fonctionnait. Pire que ça, son manteau prit feu, dans un brasier qui ne cessait de croître, se nourrissant des vêtements de l’humanoïde qui n’eut d’autre choix que de les ôter.
Il avait la peau bleue, froide comme l’hiver. De longs bras fins de la même couleur qu’il serrait contre son corps habillé d’un simple haut noir avec un pantalon en tissu s’arrêtant à la moitié de ses mollets. Une barbe blanche naissante s’accordait avec son visage balafré. Ce vieux combattant était un habitué des combats et ses cicatrices pouvaient en témoigner. Il tenta une riposte rapide qui devait surprendre la magicienne, mais elle ne fut pas concluante. Selenya ne comptait pas laisser de répit à son adversaire naturel. La maîtresse ultime de la magie de feu mettait un point d’honneur à éliminer autant que possible ces ennemis.
– Ne serais-tu pas un Ancien Elfe ? demanda-t-elle, lui laissant le temps de reprendre ses esprits. Il acquiesça en opinant la tête. Je croyais ta race éteinte, ajouta-t-elle, étonnée d’en voir un devant elle.
– Je ne fais plus parti de cette race, répondit Esthalen. Je ne suis qu’un serviteur de maître Sandro désormais.
– Tu ne fais plus partie de cette race ?
– Il est déjà mort, Selenya, intervint Sephiroth. La magie de Sandro fait qu’il se dresse devant toi actuellement, et il en sera de même pour nos prochains adversaires, n’est-ce pas ? demanda-t-il à l’attention de l’Ancien Elfe.
– C’est exact.
– La seule personne vivante dans la citadelle serait Sandro ?
– Non-morte serait plus exacte, magicienne. Je ne suis pas sûr que l’on puisse dire que le maître est encore vivant.
Les trois intrus se rendirent compte à tour de rôle que le mage était mort. Ils venaient de se combattre, et pourtant, il parlait sans aucune animosité. Aucune rage n’était perceptible, comme si son sort ne lui importait que peu. Peut-être se savait-il condamné face à Selenya, mais il n’y avait pas non plus de peur sur l’expression neutre de son visage. La magicienne noire ouvrit sa main droite, la paume tendue vers le plafond, et y fit apparaître une boule de feu minuscule. De son autre main elle entoura la boule de feu et immédiatement un mur de feu entourant Esthalen apparût. Le mage lança tout de même un sort de glace qui ne put franchir le mur ardent. Il se résigna à périr et s’assit au centre du cercle que formait le sort de Selenya. Le feu submergea totalement Esthalen dont il ne resta rien, pas même les cendres, lorsque le sort disparut.
– Pourquoi s’est-il assis ? s’interrogea Anathès.
– C’est un étrange comportement en effet, mais il ne semblait pas craindre la mort. Peut-être voyait-il là une délivrance, songea Sephiroth.
– Pas vraiment, répondit Selenya, un peu déçu de leur manque d’attention. Il a essayé de m’atteindre avec un sort alors qu’il était prisonnier de mon cercle de feu. Mais j’y ai mêlé un Kekkai Genkai, et il n’a pu le traverser.
– Tu es capable de lancer et maintenir deux sorts aussi puissants en simultanés, s’étonna Anathès.
– En réalité, il y en avait un troisième, s’amusa la magicienne. Le sort de feu était mêlé à un sort de magie du fléau. S’il n’avait été que brûlé, il aurait été pris d’horrible crampes musculaires bloquants sa magie et la rendant instable.
– Je me demande qui de toi et Phenyxia maîtrise le mieux la magie, répliqua Anathès, sincèrement curieux. Ils se remirent en quête de Sandro et se dirigèrent dans la salle suivante, d’une immensité telle que les trois mages se sentirent comme des fourmis dans une fourmilière. Ils progressèrent rapidement jusqu’à l’autre bout sans ressentir de présence, ce qui les incitas à continuer d’explorer la citadelle. Un léger bruit, presque inaudible attira l’attention de Sephiroth, qui soudainement repoussa ses deux alliés loin de là où il se trouvait. Il fit instantanément un saut du côté vers lequel il avait bousculé Selenya. Avant que les deux Elites Noires n’aient le temps de chercher à comprendre pourquoi leur chef avait agît de la sorte, la porte qui leur semblait accessible était à présent close. Une stalactite grise gisait profondément ancrée dans le sol craquelé. Ils scrutèrent tous d’un œil attentif la salle mais ni ne voyaient, ni ne ressentaient de présence. Puis dans un silence complet, ils finirent par percevoir un son muet en tendant l’oreille, tellement faible qu’ils eurent du mal à le localiser.
Sephiroth pencha sa tête en arrière, et entre deux stalactites situées à vingt bons mètres du sol, il distingua une forme imposante. Trop haute pour déterminer avec précision de quoi il s’agissait, il envoya une décharge d’énergie pour faire bouger la créature. Cette dernière fit exactement ce que voulait le chef des légions noires en s’éloignant très rapidement du lieu d’impact. Elle se plaça tête renversées, la pointe de ses pattes incrustées dans le plafond pour certaines, plantées dans les stalactites pour d’autres. Ils constatèrent tous les trois, non sans étonnement car c’était un spectacle d’une rareté sans équivalence, qu’ils faisaient face à un monstre arachnéen squelettique, possédant non pas huit pattes, mais une douzaine. Des os aussi grands qu’un humain de bonne taille étaient articulés grâce à une aura bleue. Son corps était aussi imposant que celui d’un cheval auquel on aurait enlevé la peau et les muscles.
La créature lança un cri strident qui fit tomber trois pics de glace simultanément. Elle en profita pour se jeter du plafond à l’assaut des intrus qui esquivèrent de peu l’attaque. Ses pattes étaient capables de s’enfoncer dans les épais murs de la citadelle, c’est pourquoi tous trois se mouvaient avec la plus grande attention. Chaque erreur pouvait être fatale.
Faisant face au corps à corps, Anathès décida de se charger du monstre en coupant une patte à l’extrémité droite. L’araignée ne sembla pas sentir le coup car elle ne s’arrêta pas d’attaquer, ignorant son agresseur actuel, se focalisant sur Sephiroth. Ils ne mirent pas longtemps à comprendre pourquoi il n’y avait aucune réaction, l’aura bleue venait de récupérer le morceau tranché, le recollant au corps.
Le chef des légions noires se contentait d’esquiver, sans riposter. Il laissa Anathès s’en charger, et l’observa en simple spectateur lorsqu’elle se décida à s’occuper de ce dernier. Il tranchait les pattes, inlassablement, mais toutes étaient recollées au corps à l’aide de cette aura bleue. L’arachnide le planta finalement avec une de ses pattes dans l’épaule droite et l’attira à elle, puis le plaqua au sol. Trois autres pattes le plantèrent, à l’épaule gauche, et une dans chaque cuisse, l’immobilisant complètement.
Elle approcha ses mandibules de la tête d’Anathès, prête à le dévorer, quand celui-ci, matérialisa sa lame, tombée quelques mètres plus loin, dans sa main droite. Il empala la créature au milieu de son abdomen et trancha en direction de la tête, jusqu’à la séparer en deux. Elle se reforma une fraction de seconde après que la lame soit passée mais Anathès en avait profité pour s’éclipser.
– La créature n’est pas vide à l’intérieur, déclara-t-il à l’attention de ses alliés. Il y a une sphère d’énergie, au niveau de son abdomen. C’est de là qu’elle tire son énergie.
Sephiroth et Selenya ne réagirent pas. Ils restèrent simple spectateurs, laissant son combat à Anathès, de la même manière que Selenya avait eu le sien contre Esthalen. Malgré ça, l’information fût bien enregistrée. Leurs futurs adversaires auront certainement les mêmes particularités, et au vu de leurs premiers ennemis, avoir un coup d’avance n’était pas de trop.
Anathès matérialisa une arme plus large que la précédente, qui était peu maniable aux premiers abords. Mais il la maîtrisait parfaitement et ne semblait pas handicapé avec une telle arme. Il se rua sur son adversaire qui l’attendait, patte en l’air, prêt à l’empaler à nouveau en cas d’erreur de sa part. Il sauta au dernier moment et retomba presque instantanément après être passé au-dessus des pattes de l’arachnide. Il s’écrasa sur son dos et la plaqua au sol. L’ennemi n’arrivait pas à se relever, le poids de l’arme et d’Anathès combinés semblait trop conséquent pour se relever.
Il découpa l’abdomen et tourna sa lame à quatre-vingt-dix degrés, afin de garder un espace ouvert. La sphère brillante était à la portée d’Anathès qui ne prit aucun risque, en la fendant en deux grâce à une seconde lame qu’il avait matérialisée dans sa main gauche. La créature convulsa et se recroquevilla, les douze pattes étaient aspirées par la sphère fissurée. Elles pointaient toutes vers la sphère, emprisonnant Anathès qui ne vit pas tout de suite ce qui l’entourait. Il trancha une nouvelle fois les pattes du côté gauche afin de pouvoir s’échapper.
La créature venait d’aspirer les pattes restantes et s’attaquait à la tête à présent, avant de disparaître intégralement. Il restait seulement la sphère bleue qui perdait son éclat à chaque seconde, jusqu’à devenir complètement noire et retomber lourdement sur le sol.
Ils se remirent en marche, décidant qu’ils avaient perdu assez de temps. Ils eurent à affronter plusieurs ennemis, tout au long de la citadelle, tous défait un à un, avant que Sandro ne se manifeste.
Ils venaient de pénétrer dans une salle longue mais peu large, dans laquelle se trouvait une table rectangulaire d’une dizaine de mètres de long. Sandro était assis sur un trône de pierre glacé au fond de la salle, de la même couleur que l’aura de ses monstres, sa lame lui servant de support pour ses mains. Il pointa furieusement l’arme en direction de Sephiroth.
– Que vient faire ici le maître des légions noires ?
– Je viens te proposer une offre des plus alléchantes, mon ami. Un sourire angélique passa sur son visage, mais Sandro ne se laissa pas amadouer.
– Ne te risque pas à m’appeler de cette manière si tu tiens à sortir vivant de ma citadelle. Je n’ai que faire de ta proposition.
– Ne te braque pas, vieil homme. Nous ne te voulons aucun mal, intervint Selenya, qui se fit reprendre par son interlocuteur.
Sandro déporta son attention sur la magicienne. Il reposa la pointe de sa lame sur le sol et s’appuya dessus. De la glace recouvrit les jambes de Selenya et d’Anathès et sans qu’ils s’en rendirent compte, deux assassins menaçaient de leur trancher la gorge. La lame aiguisée fit une fine entaille dans le cou de la magicienne où perlait une goutte de sang. Sandro reprit calmement sa discussion avec Sephiroth.
– Je n’ai besoin de rien. Pars maintenant avant que je ne décide de vous ôter la vie.
– Tu pourrais devenir encore plus puissant que tu ne l’es actuellement.
Il était bien décidé à lui expliquer pourquoi il avait fait tout ce chemin. Son interlocuteur changerait d’attitude dès lors qu’il l’aurait entendu, mais il fallait pour ça qu’il lui laisse le temps de lui parler de son plan.
– La puissance n’est pas ce que je recherche. Ce n’est pas non plus ce qu’il me manque. Regarde autour de toi, je suis le maître d’une citadelle qui compte une armée de serviteurs, des squelettes, des liches, des chimères.
Selenya et Anathès regardèrent sur leur gauche, où il manquait un mur qui semblait avoir été détruit lors d’un combat antérieur mais jamais reconstruit. En contrebas, ils pouvaient observer des milliers de guerriers en armure, se tenir prêt à tout ordre de leur maître. Rangés en groupes d’une centaine de large et une cinquantaine de long, Anathès pouvait compter treize groupes qu’il voyait intégralement, et au moins une dizaine qui sortaient de son champ de vision. A la tête de chacune de ces divisions se trouvait un colosse d’au moins huit mètres, une massue de roche glacée à la main. Sur les falaises environnantes se laissaient tomber dans le vide des wyrm squelettiques qui réussissaient à s’envoler d’un battement d’aile où ne se trouvaient que les os. Selenya pu sentir la magie de ces créatures volantes qui leur permettaient de voler.
Toutes les créatures étaient impatientes d’aller au combat. Certaines d’entre-elles se trouvaient ici depuis des décennies, n’ayant été relevées que dans cet objectif. Toute l’ampleur du plan de Sephiroth se dévoilait sous leurs yeux ébahis.
– Tu pourrais avoir l’impératrice !
L’intérêt que portait Sandro à cette conversation changea du tout au tout. Même si son changement d’attitude était mineur, il réagit mieux à cette annonce qu’il ne l’a fait aux autres. Il réfléchissait patiemment, intrigué par l’offre de Sephiroth.
– J’ai abandonné cette idée depuis longtemps. Daline est bien gardée, et l’impératrice inattaquable. Même si nous nous associons, nous n’aurions qu’une très faible chance de réussite. La garde de Daline, les maîtres de l’Académie, le groupe de défense secret, le conseil des mages… Il y a d’innombrables obstacles.
– J’ai réunis une armée capable de les affronter, une armée qui n’a peur de rien et qui se fera un plaisir de les massacrer. Elle est actuellement en route vers Miist, qu’elle devrait détruire sans mal d’ici quelques heures.
– Une armée assoiffée de sang ne suffira pas. Nous avons tous les deux étés à Daline un long moment, et nous connaissons la difficulté à prendre d’assaut les murs qui bloquent toute progression.
– J’en ai conscience, et c’est pour ça que j’ai réussi à rallier une race à notre cause.
L’intérêt de Sandro grandissait au fur et à mesure que Sephiroth s’expliquait. Il relâcha même Anathès et Selenya de son emprise de glace, et renvoya les assassins dans l’ombre d’où ils venaient.
– Une autre race, dis-tu ? Les trolls ? Les Orcs ?
– Non, une race qui déteste bien plus encore les humains. Les Silithides.
Un sourire malsain se dessinait sur le visage du maître de la citadelle. Les Silithides étaient des insectes géants prêt à anéantir de nombreuses races comme les humains, les elfes ou encore les orcs et les trolls, mais au-delà de cette particularité, une autre lui vint naturellement à l’esprit. Durant son enfermement à la bibliothèque d’Humberland, il avait lu d’anciens textes sur eux, dont il se souvenait parfaitement. Ils combattent par légions.
Sandro venait de comprendre qu’il pourrait relever d’énormes Anubisath et les contrôler comme toute son armée de squelettes. Sa puissance serait décuplée, et un siège de la cité ne s’éterniserait pas. Il vit là un moyen d’atteindre son objectif et son envie se fit ressentir.
– Dis m’en plus, ajouta-t-il en étirant son sourire squelettique.
Les deux hommes continuèrent la discussion pendant plusieurs heures, afin d’établir un plan d’attaque et de soutiens aux deux armées déjà en marche sur la capitale. Sephiroth ne s’était jamais senti plus proche de son but qu’en ce moment-là.