– Sephiroth te demande, maîtresse.
– J’irais le voir d’ici la fin de l’entraînement de Nesterya.
– Il a insisté pour que vous veniez immédiatement.
– Très bien répondit la femme en soupirant, visiblement las de devoir quitter son apprentie. Nesterya, finis ton entraînement seule. Je ne sais pas quand je reviendrais.

La femme était grande, vêtue d’une robe violette qui descendait jusqu’à ses pieds. Ses cheveux bruns qui tombaient le long de son dos arboraient une tiare en argent. Elle disparut pour réapparaître dans une grande salle sombre. Il s’agissait de la même salle que lors de la réunion organisée plus tôt, mais la table avait disparu. Elle faisait encore plus triste et glauque que la dernière fois. L’ambiance qui y régnait était stressante pour les personnes qui n’ont pas l’habitude d’être ici. Sephiroth aimait beaucoup cette atmosphère qu’il tenait à conserver. Il était debout, en train de parler avec le dénommé Warl. Ses cheveux blancs, extrêmement long descendait au niveau de ses cuisses, sauf une mèche très fine qui lui tombait devant l’œil droit. Il était vêtu d’un grand manteau noir qui s’accordait parfaitement avec son pantalon de la même couleur. Les épaulettes en argent de son manteau, couplée avec ses cheveux faisaient ressortir ses yeux couleur rouge sang. Sa taille était impressionnante, il dominait souvent ses adversaire d’une tête. Même Warl qui était très grand, n’arrivait pas aux yeux de Sephiroth. Il possédait quelque chose d’encore plus imposant que sa taille. Son épée, une lame dépassant les deux mètres, et un manche d’une trentaine de centimètres qu’il pouvait empoigner avec ses puissantes mains. Malgré la taille gigantesque de l’arme, il la maniait avec une habileté des plus précises, seulement à l’aide de sa main gauche. La lame était rangée dans son fourreau, lui-même attaché au dos de son maître qui ne s’en séparait jamais. Il venait de remarquer la présence de la femme et se tourna vers elle.

– Bonjour Phenyxia. Désolé de t’interrompre durant l’entraînement de Nesterya, mais c’est le bon moment pour opérer.
– Nous ne sommes que trois pour le moment, fit remarquer Warl.
– Je viens d’envoyer Korgnal et quelques-uns de ses hommes chercher le réceptacle d’énergie corrompue. Elle a été localisée dans un autre monde. Les Elites Blanches ne pourront pas intervenir sur ce plan là, nous auront autant de temps que nous le voudrons pour la ramener.
– Dans un autre monde ? comment a-t-elle pu y aller ?
Soudain, une hypothèse germa dans l’esprit de Phenyxia.
– Yuna… avant de mourir elle a dû l’envoyer dans ce monde. Elle était prêtresse de Daline lorsque l’incident s’est produit. Intelligente comme elle est, elle a dû se rendre compte que la petite n’était pas normale. Lorsqu’ils entendirent ce nom, Warl et Sephiroth fixaient Phenyxia, l’écoutant attentivement. Ce n’était qu’une enfant à l’époque, elle ne doit même pas se douter que nous existons. Combien de temps faut-il pour se rendre dans ce monde ?
– Korgnal m’a dit que pour ouvrir un passage, il en avait pour trois jours de canalisations à lui seul. Je pense qu’avec ses hommes il lui faudra la journée.
– Nous avons deux jours avant que l’énergie corrompue soit de retour dans ce monde. Avec son pouvoir à notre disposition bien entendu.
– Que va-t-on faire pendant ces deux jours Sephiroth ?
– On va aller à un rendez-vous diplomatique. Vous verrez, rajouta-t-il, riant à moitié devant le regard incrédule des deux autres. Suivez-moi.

Il disparut dans la seconde qui suivit, Phenyxia et Warl faisant de même la seconde d’après. Ils étaient à présent dans un désert où une tempête de sable faisait rage. Des scorpions de la taille d’un sanglier volaient, soufflés par la force du vent. Mais eux ne craignaient rien, chacun d’eux était protégé par une bulle qui ne laissait rien pénétrer, pas même le vent. Ils avançèrent rapidement, et sortirent de la tempête en quelques minutes à peine. Ils firent disparaître leur bouclier en même temps, puis se rapprochèrent pour pouvoir parler.

– Derrière la tempête du Tonnerahan se cache un temple extrêmement ancien qui abrite une civilisation qui compte plusieurs millions de soldats. Phenyxia et Warl comprirent tout de suite l’intérêt de s’allier avec une aussi puissante cité. Cependant, ils ne sont pas humains, et ils ne portent pas ces derniers dans leurs cœurs.
– La tempête leur offre une excellente protection, ils ont dû vivre ainsi pendant des milliers d’années. S’ils sont des millions, ils pourraient éradiquer l’espèce humaine.
– En effet Phenyxia, c’est là-dessus que nous allons nous entendre avec eux. Du moins j’espère.

Ils se trouvaient maintenant devant un mur imprégné de magie ancienne. Phenyxia ne mit pas longtemps avant de lire l’histoire qui l’imprégnait. Elle ne fut pas surprise par ce qu’elle apprit.

– Ces ruines ont étés condamnées par des humains, il y a plus de six-cent ans. Une guerre faisait rage entre eux et les habitants des sables. Ils ont étés baptisés Qirajis par leurs adversaires. Ils sont décrits comme des insectes géants très résistants. Ils seraient les gardiens d’une entité mystérieuse, apparemment puissante mais très affaiblie, qui repose dans un temple.
– Six cent ans… Espérons qu’elle ne récupère pas vite, sinon la situation pourrait mal tourner.
– Pas tant que ça, après tout plusieurs millions d’insectes gigantesques et un monstre qui faisait fuir à lui seul les humains, je ne vois pas ce qu’il y a de dangereux. Sephiroth qu’est-ce qu’on vient faire ici ? Les humains avaient scellés cette porte pour une bonne raison.
– Cependant, la barrière n’est plus en place. Quelqu’un est venu et a brisé cette protection. Il s’agit de la meute sauvage qui a attaquée Daline récemment, et je pense qu’il est possible de pactiser avec eux.

Sephiroth marchait en tête, suivit de près. Ils pénétrèrent dans les ruines devant le temple, et sans s’en rendre compte, des centaines d’insectes les entouraient. Phenyxia commença à canaliser son énergie afin d’être prête dans l’éventualité d’un assaut de la part des Qirajis. Warl quant à lui, avait mis la main sur son arme, prêt à faire face lui aussi.

– Arrêtez tout de suite, lança Sephiroth, d’une voix très froide et calme, même si l’on pouvait sentir une pointe d’énervement. Ils ne nous attaqueront pas si nous ne leurs faisons rien.
– Nous sommes sur leur territoire, qu’en ont-ils à faire ? Il se tourna vers les insectes qui ne bougeaient pas.
– Nous venons vous proposer une alliance. Nous ne comptons pas nous battre avec vous. Du moins ce n’est pas prévu dit-il à l’attention de Phenyxia et Warl.

Un Qiraji descendit vers eux et leur fit signe de le suivre. Il avait agité sa patte avant gauche en désignant l’entrée du temple. Ils croisèrent sur le chemin des monstres de plus en plus gros. Des carapaces bien plus résistantes que celles de leurs petits homologues. Ils le suivirent jusqu’aux pieds d’un escalier où se trouvait un énorme monstre. Dépassant les dix mètres de hauts, il n’avait pas de bras, juste de petites pattes pliées en deux, au nombre de huit, qui lui permettait de se déplacer. Il était rose avec des tâches rouges par-ci par-là. Son corps faisait la même largeur que ce qui semblait être la tête. Il possédait des antennes plus longues que ses pattes et avait une bouche mais ne l’ouvrait pas lorsqu’il parlait.

– Que venez-vous faire ici, humains ?
– Proposer une alliance à votre maître.
– S’allier avec nos ennemis ? Une exclamation de dégoût se fit sentir malgré l’apparence de la créature.
– Ça nous fait donc un point commun, dit Sephiroth, nous essayons, tout comme vous avez essayé il y a plusieurs siècles, de nous débarasser d’eux. Du moins d’une grande partie, certains méritent de vivre.
– Pourquoi vous débarrassez de vos semblables ?
– Pour les mêmes raisons que vous. Nous ne sommes pas libre de nos envies, il insista sur ce dernier mot, de nous déplacer.
– Pensez-vous que nous ayons besoin de votre aide pour faire cela ? Nous pourrions le faire avec vous dans l’autre camp, si l’envie nous prenait. Vous les humains, ne faîtes pas le poids contre nos guerriers.
– J’aimerais discuter avec votre maître, je voudrais connaître son avis sur la question.
– Je ne ferais pas perdre son temps au maître avec de faibles humains.
– Si nous vous prouvons que nous sommes de dignes combattants, pourrait-on rencontrer votre maître ?

Le monstre fit un bruit aigu très désagréable, on aurait dit un frottement d’assiette à l’aide d’une fourchette. Mais il semblait être en train de rire.

– Vous pensez pouvoir faire le poids contre nos champions ?
– Je vous laisse même le choix de qui combattra contre vos champions.
– Ossirian ! cria-t-il d’une voix qui résonna dans tout le temple.

Le dénommé Ossirian sortit du temple par la porte se situant derrière l’autre Qiraji. Il était encore plus grand que son allié. Il avait une tête en forme d’aigle, un bec crochu, des bras énorme et tenait un bâton aussi grand que les Qirajis eux même. Le haut du bâton arborait une tête de faucon semblable à la sienne. Son apparence humanoïde était le seul point commun avec les humains.

– Que me veux-tu Skeram ?
– Quelqu’un te provoque en duel. Je te laisse choisir ton adversaire parmi les trois humains. Il refit son rire aigu qui aurait glacé le sang de tout humain voyant ces deux énormes monstres. Mais ils restèrent impassibles face à eux.
– La femme. Elle me répugne encore plus que les autres.
– Eh bien, dit Skeram, battez-vous jusqu’à ce que l’un d’entre vous meurt. La femme donc.

Sephiroth et Warl se mirent sur le côté, un sourire en coin chacun, ne lâchant pas Phenyxia des yeux. Ossirian attaqua le premier, il frappa le sol avec son bâton, ce qui fissura le sol autour de l’impact. Phenyxia esquiva sans soucis, fixant le bâton car elle sentait de l’énergie en lui. Les yeux du bâton devinrent rouges et une fraction de seconde plus tard, le cercle créé par les fissures devint lumineux et tout ce qui se trouvait dedans fut soulevé dans une lumière blanche. Phenyxia était prise au piège par ce sort qui l’empêchait de s’éloigner. Elle flottait maintenant devant Ossirian, impuissante. Tout ce qui était présent se désintégra en quelques secondes. Sauf Phenyxia, qui était enveloppée d’une petite bulle pourpre qui semblait la protéger du sort. Elle canalisa une boule d’énergie violette qu’elle lança en direction du bâton. Ossirian esquiva l’attaque en déplaçant son bâton, mais avant qu’il ne s’en aperçu, le sort était rompu, elle venait de retrouvé sa liberté de mouvement. Elle relança le même sort mais en plus rapide cette fois, avec une boule par main. Ossirian vit la première arrivée mais la seconde qui suivait l’autre dans l’ombre du champ de vision le frappa de plein fouet au torse. Il tomba au sol, sur le dos avec une violence qui fit trembler tout le sol du temple. Phenyxia ne perdit pas de temps et se baissa, touchant le sol de ses deux mains. On pouvait distinguer le sort qu’elle lançait. De la matière noire enveloppait ses mains, coulant sur le sol, entourant Ossirian qui se relevait péniblement. A peine eut-il été sur ses pieds que des liane noires sortaient du sol et enlaçaient son corps. Il se débattit pour sortir de leur attache, mais rien n’y faisait, elles étaient trop nombreuses. Il lâcha son bâton qui tomba hors du cercle, trop loin de lui. Il ne pouvait déjà plus rien faire. Elle fit un geste de la main en direction d’Ossirian, qui n’eut pas le temps de le voir. Une lame noire, de plus d’une quinzaine de mètres, sortit du sol au centre du cercle le transperça aussi sec. Il retomba une nouvelle fois sur le dos, mais cette fois, son corps ne se relèverait pas. Son bâton se désagrégea à l’instant où il toucha le sol. Skeram était fou de rage, il allait ordonner à ses guerriers de se jeter sur Sephiroth, Warl et Phenyxia. Mais une grosse voix retentie dans tout le temple.

– Ça suffit. Skeram, ne vois-tu pas la puissance qu’ils dégagent ? Avoir des alliés humains ne peut qu’être bénéfique dans une guerre comme celle-là. J’accepte de mettre mes guerriers à votre service pour livrer bataille contre les humains. Mais Skeram dirigera les Qirajis, qui n’obéiront qu’à ses ordres.

La voix s’éteignit aussi soudainement qu’elle était apparu. Skeram n’était visiblement pas surpris, et encore moins enchanté, de la tournure que prenaient les événements.

– Vous êtes sauvés pour le moment. Mais ce que vous venez de faire se payera. Le maître n’est pas toujours aussi conciliant.
– En attendant, nous avons une guerre à préparer. Et tu fais parties du commandement des opérations maintenant. Je reviendrai te voir rapidement pour te dire les mesures prises.

Sephiroth était soulagé, il n’espérait pas que la rencontre se passerait si bien. Il était encore une fois émerveillé par la magie de Phenixya qui lui prouvait quelle puissante alliée il avait. Warl était lui aussi impressionné par la facilité qu’elle eut à terrasser son ennemi. Skeram, était quant à lui furieux et ne prit pas la peine de répondre à son interlocuteur. Il entendit une voix lui parler dans son esprit.

– Lorsque tu iras prêter main forte à leurs forces, prend Atiesh avec toi. La femme est une bien meilleure praticienne de la magie que toi. Je ne veux pas que tu tombes face à elle.
– Bien maître.
– Méfie-toi d’eux, ils ont bien envie de tuer d’autres humains, mais ils voudront aussi se débarrasser de nous. Soit vraiment prudent. Si tu as besoin d’une aide quelconque, les jumeaux Azzinoths te rejoindront.
– Je vous remercie maître. Je n’y manquerais pas.

Lorsqu’il eut fini de parler avec son maître, ses nouveaux alliés étaient déjà repartit. Il n’y prêta guère attention et retourna sur son trône en haut des escaliers du temple.

De retour dans la grande salle, un messager les attendait.

– Korgnal vient de partir pour l’autre monde. Il lui a fallu vingt-huit heures pour canaliser le portail.

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