– Maître ? dit une voix angoissée. Maître, réveillez-vous.
Une jeune femme de taille moyenne, plutôt mince, était allongée ventre contre terre, inconsciente. Son visage était plutôt jeune, mais il était marqué par quelque chose d’indélébile, comme l’expérience des combats. Sa chevelure brune était brûlée à certains endroits, tout comme le haut de sa robe noire. Ses paumes, tournées vers le ciel, avaient elles aussi été frappées par le sort de feu. Plusieurs personnes s’approchaient d’un pas rapide, vers la demoiselle.
La première personne arrivée à elle est un jeune homme brun d’une vingtaine d’années, qui s’accroupit en prenant son bras. L’inquiétude se lisait sur son visage et il essayait tant bien que mal de la cacher aux autres. Habillé d’un ensemble sans manche de la même couleur que son maître à terre, seule son épaule droite était recouverte. Il avait de nombreuses cicatrices sur ce même bras, alors que le gauche ne souffrait d’aucun signe de ce genre. Mais ce qui perturbait, c’était son visage. Les cheveux courts, le teint clair, le nez droit et des yeux plus sombre que sa tenue rendait le personnage froid, voir effrayent aux premiers abords. Mais dès qu’il rompait le silence, accompagné d’un sourire, tout l’effroi que le personnage inspirait disparaissait. Il était une de ces personnes que nous voulons à nos côtés pour éviter d’avoir à l’affronter.


– Elle est juste inconsciente, mais son pouls bat encore. Khiera, tu devrais pouvoir la soigner.
– Très bien, décale-toi un peu.

La dénommée Khiera s’approcha. Elle était plutôt petite et très jeune, ses cheveux blonds, lisses et fins brillaient comme un petit soleil chaleureux. Ils étaient extrêmement long, et tombaient jusqu’à ses genoux. Son visage fin et son teint clair faisait ressortir ses yeux bleus. Les quelques tâches de rousseurs présente sur son nez délicat la rendait mignonne auprès de la gente masculine. Malgré son jeune âge, elle faisait preuve d’une maturité exemplaire, qui en perturbait plus d’un. Elle prit la main de la femme à terre et la retourna sur le dos.

– Il l’a appelée « Maître » ? chuchota quelqu’un derrière lui à l’attention d’un autre membre du groupe.
– Je crois, lui répondit une voix rauque.
– Jupiter aurait un maître ? dit une troisième voix féminine. Il n’en a jamais parlé.
– J’en ai la chair de poule rien qu’à imaginer sa puissance, reprit le premier.

Khiera se releva doucement, fixa Jupiter et l’emmena un peu plus loin.

– Je ne connais pas la source de ses blessures. Elles sont magiques mais je n’arrive pas à savoir ce qu’elles lui font.
– J’ai vu la marque sur son épaule. Il s’agit d’une ancienne rune de souffrance. Très difficiles à soigner, elles ne sont pas aussi puissantes qu’un coup d’épée qui trancherait le corps ou qu’un éclair qui électrocuterait immédiatement la personne touchée, mais en contrepartie, le mal ronge la victime peu à peu, et la solution pour l’arrêter n’est souvent trouvée que trop tard.
– Tu as une idée de ce que l’on peut faire ?
– Je ne connais pas toutes les capacités de soins des Auras Blanches, mais j’ai entendu parler de Céleste, un sort qui permet de contrer toutes les affectations magiques.
– Je n’en ai jamais entendu parler. Peut-être que Dame Alanya pourra nous aider.
– Je pensais à aller la voir aussi. Elle est revenue de Miist il me semble.

Ils se firent un geste d’approbation de la tête, puis retournèrent vers le groupe. Jupiter prit son maître dans les bras et disparu instantanément. Khiera avança vers les autres.

– Nous allons voir Dame Alanya. Tu vas être content Drael, lui dit Khiera, un sourire en coin.
– Hum, je ne trouve pas ça drôle, répondit le dénommé Drael. Il était jeune mais plus âgé que Khiera. De quelques centimètres plus grands, il était tout de même musclé. Il avait les cheveux courts, bien qu’un peu plus long que ceux de Jupiter, et châtains clair. Tu veux qu’on parle de toi ?
Il marqua un temps d’arrêt, puis repris :
– Cette femme, Jupiter l’a appelé maître. Tu dois en savoir plus que nous, non ? demanda Drael.
– Nous n’avons pas parlé de ça. Il ne m’aurait pas répondu de toute façon, tu connais Jupiter.
– Sur ce point-là, en effet, admit-il.
– On fait quoi maintenant ? demanda le jeune homme à la voix rauque. Il dépassait la jeune magicienne blonde d’une tête entière. Ses cheveux étaient de la même couleur que cette dernière, mais les siens commençaient à boucler bien qu’ils n’étaient pas longs. Il était bien plus épais que son ami se tenant à ses côté. De tout le groupe, c’était celui qui avait la stature la plus impressionnante. Sa jeune sœur prit de nouveau la parole.
– Je ne sais pas encore, Uriel, répondit Khiera. Je ne pense pas que Jupiter veuille nous voir débarquer maintenant. Laissons-le tranquille quelques heures, nous lui rendront visite demain matin.
– Allons au Sanctuaire nous entraîner, proposa le dernier membre du groupe qui était une adolescente blonde du même âge que Khiera. Son gabarit était similaire au sien et elle avait une queue de cheval tombante en dessous de la nuque. Toute vêtue de blanc, sa tenue ressortait du groupe car elle était la seule habillée d’une couleur clair. Elle aurait certainement été prise pour la sœur de Khiera si elle n’avait pas eu ces yeux verts émeraude. Elle portait aussi un bracelet fin et souple de cette couleur, certainement pour les faire ressortir.
– Nous ne pouvons pas, Juve, lui répondit Uriel, sur un air blasé. Sans Jupiter ou Dame Alanya, nous ne pouvons pas y pénétrer.
– Rentrons alors, vu qu’il ne nous reste que ça à faire, trancha Drael.
Dans un d’accord collectif, ils disparurent tous, laissant l’endroit désert, sombre et glacial.

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